Dieu (x): Création permanente (CH)

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Sources principales - Textes Antiques

 


Textes Antiques


 

Corpus Hermeticum - Livre I: POIMANDRES
III. DISCOURS SACRÉ D'HERMÈS TRISMÉGISTE
 Il y avait des ténèbres sans limites sur l'abîme, et l'eau, et un esprit subtil et intelligent, contenus dans le chaos par la puissance divine. Alors jaillit la lumière sainte, et sous le sable les éléments sortirent de l'essence humide, et tous les Dieux débrouillèrent la nature féconde. L'univers étant dans la confusion et le désordre, les éléments légers s'élevèrent, et les plus lourds furent établis comme fondement sous le sable humide, toutes les choses étant séparées par le feu, et suspendues pour être soulevées par l'esprit. Et le ciel apparut en sept cercles, et les Dieux se manifestèrent sous la forme des astres avec tous leurs caractères, et les astres furent comptés avec les Dieux qui sont en eux. Et l'air enveloppa le cercle extérieur, porté dans son cours circulaire par l'esprit divin. Chaque Dieu, selon sa puissance, accomplit l'œuvre qui lui était prescrite. Et les bêtes à quatre pieds naquirent, et les reptiles, et les bêtes aquatiques, et les bêtes ailées, et toute graine féconde, et l'herbe et la verdure de toute fleur ayant en soi une semence de régénération. 

IX. DE LA PENSÉE ET DE LA SENSATION 
Dans tous les animaux, la sensation, la pensée vient du dehors, du milieu ambiant; le monde l'a reçue une fois pour toutes à sa naissance, il la tient de Dieu. Dieu n'est pas privé de sentiment et de pensée, comme le croient quelques-uns ; c'est un blasphème de la superstition. Tout ce qui existe, ô Asclèpios, est en Dieu, produit par lui et dépendant de lui; ce qui agit par les corps, ce qui meut par l'essence animée, ce qui vivifie par l'esprit, ce qui sert de réceptacle aux créations mortes, tout cela est en Dieu. Et je ne dis pas seulement qu'il contient tout, mais que véritablement il est tout. Il ne tire rien du dehors, il fait tout sortir de lui. Le sentiment, la pensée de Dieu, c'est le mouvement éternel de l'univers; jamais en aucun temps il ne périra un être quelconque, c'est à-dire une partie de Dieu, car Dieu contient tous les êtres, rien n'est hors de lui et il n'est hors de rien. 

XII. DE L'INTELLIGENCE COMMUNE 
La terre même ne te paraît pas immobile, mon père?
HERMÈS.
Non, mon fils, il y a en elle beaucoup de mouvements en même temps qu'elle est stable. Ne serait-il pas absurde de la supposer immobile, elle, la nourrice universelle, qui fait tout naître et tout grandir? Il ne peut y avoir de production sans mouvement. C'est une question ridicule de demander si la quatrième partie du monde est inerte, car un corps immobile ne signifie rien autre chose que l'inertie. Sache donc, mon fils, que tout ce qui est dans le monde, sans exception, est le siège d'un mouvement, soit d'augmentation, soit de diminution. Or, tout ce qui se meut est vivant, et la vie universelle est une transformation nécessaire. 
De qui les vivants reçoivent-ils la vie et les immortels l’immortalité? Qui produit les transformations? Que ce soit matière, corps ou essence, sache que ce sont là des énergies de Dieu, énergie matérielle dans la matière, énergie corporelle dans les corps, énergie essentielle dans l'essence. Tout cet ensemble est Dieu, et dans l'univers il n'est rien qui ne soit Dieu. Ainsi il n'y a ni grandeur, ni lien, ni qualité, ni forme, ni temps au-delà de Dieu, car il est tout, il pénètre tout, il enveloppe tout. 

 

Corpus Hermeticum - Livre II: ASCLÈPIOS
I
HERMÈS.

Que tu comprends vite la raison des choses, Asclèpios! Je n'ai pas encore dit que tout est un et que l'unité est tout, parce que toutes choses étaient dans le créateur avant la création, et on peut l'appeler le tout, puisque toutes choses sont ses membres. Souviens-toi donc, dans toute cette discussion, de celui qui est un et tout, du créateur de toutes choses. 

VIII
Je te révèle de grands et divins mystères, et au début de cette initiation j'implore la faveur du ciel. Il y a plusieurs classes de Dieux, et dans tous il y a une partie intelligible. Ce n'est pas qu'on suppose qu'ils ne tombent pas sous nos sens; nous les percevons, au contraire, mieux encore que ceux qu'on nomme visibles, comme cette discussion te l'enseignera. Tu le reconnaîtras si tu y apportes toute ton attention, car cet ordre d'idées si sublime, si divin, si élevé au-dessus de l'intelligence de l'homme, exige une attention soutenue, sans laquelle les paroles s'envolent et traversent l'esprit, ou plutôt remontent à leur source et s'y perdent.
Il y a donc des Dieux supérieurs à toutes les apparences; après eux viennent les Dieux dont l'essence est le principe; ces Dieux sensibles, conformément à leur double origine, manifestent toutes choses par la nature sensible, chacun d'eux éclairant ses œuvres les unes par les autres. L’Ousiarque du ciel, ou de tout ce qui est compris sous ce nom, est Zeus, car c'est par le ciel que Zeus donne la vie à toutes choses. L’Ousiarque du soleil est la lumière, car c'est par le disque du soleil que nous recevons le bienfait de la lumière. Les trente-six Horoscopes des étoiles fixes ont pour Ousiarque, ou prince, celui qu'on nomme Pantomorphos, ou omniforme, parce qu'il donne des formes diverses aux diverses espèces. Les sept planètes, ou sphères errantes, ont pour ousiarques la Fortune et la Destinée, qui maintiennent l'éternelle stabilité des lois de la nature à travers les transformations incessantes et l'éternelle agitation


Quelle est la raison de ceci, ô Trismégiste?
HERMÈS.
La voici, Asclèpios : Dieu, le père, le seigneur universel, ou quel que soit le nom encore plus saint et plus religieux qu'on pourra lui donner, et qui, à cause de notre intelligence, doit être sacré entre nous; mais en considérant sa divinité, nous ne pouvons le définir par aucun de ces noms. Car cette voix est un son provenant de la percussion de l'air et déclarant toute volonté de l'homme, ou la perception que son esprit a reçu par les sens. Ce nom, composé d'un nombre déterminé de syllabes pour servir de lien entre la voix et l'oreille, et de plus la sensation, le souffle, l'air, tout ce qui y est contenu, tout ce qui s'y rattache, voilà tout ce qu'exprime le nom de Dieu, et je ne crois pas qu'un nom, quelque complexe qu'il soit, puisse désigner le principe de toute majesté, le père et le maître de toutes choses. Mais il est nécessaire de lui donner un seul nom, ou plutôt tous les noms, puisqu'il est un et tout; il faut, ou dire que toutes choses sont son nom, ou le nommer des noms de toutes choses. Lui donc qui est seul et tout, possédant la pleine et entière fécondité des deux sexes, toujours fécondé par sa propre volonté, enfante tout ce qu'il a voulu procréer. Sa volonté est la bonté universelle, la même bonté qui existe en toutes choses. La nature est née de sa divinité, afin que toutes choses soient comme elles sont, comme elles ont été, et que la nature suffise à faire naître d'elle tout ce qui naîtra dans l'avenir. Voilà, ô Asclèpios, pourquoi et comment toutes choses ont les deux sexes.

 

Corpus Hermeticum - Livre IV
LES DÉFINITIONS, ASCLÈPIOS AU ROI AMMON
I
DU SOLEIL ET DES DÉMONS

Telle est la hiérarchie des Dieux et des démons, et telle est l'œuvre que Dieu accomplit par eux et pour lui-même. Toute chose est une partie de Dieu, ainsi Dieu est tout. En créant tout, il se crée lui-même sans jamais s'arrêter, car son activité n'a pas de terme, et, de même que Dieu est sans bornes, sa création n'a ni commencement ni fin.