By Anarkia333 |
2026
02:20:00
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Arte diffusera en septembre « FK LA PLANÈTE », une série documentaire de Jean-Robert Viallet qui explore plus d’un siècle d’alertes climatiques.

Pourquoi, malgré des décennies d’avertissements scientifiques de plus en plus précis, nos sociétés n’ont-elles pas changé de trajectoire face au réchauffement climatique ? C’est la question centrale de « FK LA PLANÈTE – LE CHOIX DU RECHAUFFEMENT », une série documentaire en trois épisodes de 45 minutes qui sera diffusée sur Arte en septembre 2026. Réalisée par le journaliste d’investigation Jean-Robert Viallet et co-écrite avec l’historien Jean-Baptiste Fressoz, cette production retrace la bataille qui s’est jouée entre lanceurs d’alerte, scientifiques, politiques et industriels.

Un siècle d’alertes et d’intérêts contraires
La série plonge le spectateur dans l’histoire des connaissances sur le climat, depuis les premières découvertes du 19ème siècle jusqu’aux enjeux actuels. Le premier épisode, « Les premières alertes », retrace la naissance de la science climatique et montre comment, dès les années 1970, les impératifs économiques et géopolitiques ont freiné les premières velléités d’action.

Le deuxième volet, « Économistes VS climatologues », se concentre sur la période où la réalité du réchauffement est confirmée. Il analyse comment les théories économiques dominantes et les choix politiques ont retardé la mise en œuvre de mesures ambitieuses, malgré des moments charnières comme le témoignage du climatologue James Hansen en 1988, qui a conduit à la création du GIEC.

Enfin, « Le temps des lobbyistes et des idéologues » expose la stratégie mise en place par les industries des énergies fossiles pour organiser le doute et ralentir les politiques climatiques, une fois la menace internationalement reconnue. Cet épisode explore comment, face à l’inaction, les sociétés sont passées d’une logique de prévention à une logique d’adaptation, accentuant les inégalités.

Deux auteurs experts aux commandes
Le réalisateur Jean-Robert Viallet, lauréat du prix Albert-Londres en 2010 pour « La Mise à mort du travail », n’en est pas à sa première enquête sur les mécanismes de pouvoir et les enjeux environnementaux. Connu pour des œuvres marquantes comme « L’Homme a mangé la Terre » (2019) ou « Système Total » (2022), il cherche ici à comprendre comment les intérêts économiques et une foi aveugle dans le progrès technique ont mené à ce qu’il nomme le « choix du réchauffement ».

Il est épaulé par Jean-Baptiste Fressoz, directeur de recherche au CNRS, professeur à l’École nationale des ponts et chaussées et membre du Centre de recherches historiques de l’EHESS. Spécialiste de l’histoire environnementale et de l’Anthropocène, il a notamment étudié les illusions qui entourent les concepts de « transition énergétique » et de « neutralité carbone ».

Produite par Cinephage productions et coproduite par Petra Pan Film, ARTE France et RTV Slovenia, la série a reçu le soutien de nombreuses institutions, dont le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) et la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

«Fuck La Planète - Le choix du réchauffement», CRH [En ligne], Événements, Actualités (2017-2026),mis à jour le : 19/08/2026, URL : https://crh.ehess.fr:443/index.php?11247.

Détails - Vidéo

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Comment, du XIXe siècle à nos jours, les alertes scientifiques sur le dérèglement climatique ont été ignorées, sous la pression des milieux politiques et économiques. Éclairant notre présent en péril, un exposé historique implacable, nourri de passionnants témoignages d'experts.

Dès le XIXe siècle, des chercheurs identifient les effets potentiels de l'industrialisation sur l'atmosphère et prédisent une hausse des températures engendrée par les émissions de dioxyde de carbone. Après la Seconde Guerre mondiale, des scientifiques liés au projet "Manhattan" – à l'origine de la bombe atomique –, qui y voient une opportunité d'imposer le nucléaire, alertent à leur tour sur l'impact des énergies fossiles. En pleine guerre froide, les stratèges du Pentagone envisagent, eux, d'utiliser les phénomènes climatiques comme des armes. La météorologie, l'océanographie ou la géophysique progressent alors à grands pas, tandis que la modélisation du climat devient possible grâce à la puissance de calcul des ordinateurs. Alors que les avertissements se multiplient et que la jeunesse se mobilise pour l'environnement, l'Organisation des Nations unies (ONU) organise en 1972 le premier sommet de la Terre à Stockholm. Mais le choc pétrolier qui suit conduit les puissances occidentales à relancer la production de charbon…

Inaction coupable
Allégorie d'un monde en danger, Jakarta prend l'eau, poussant l'Indonésie à ériger une nouvelle capitale dans la forêt de Bornéo. Mais alors que l'urgence de l'adaptation s'impose, les milieux d'affaires prônent un nouveau capitalisme vert. "Le développement durable est en réalité une diversion. Ceux qui défendent la croissance verte s'intéressent davantage à la croissance qu'au vert", fustige Dennis Meadows, coauteur en 1972 d'un rapport du Massachusetts Institute of Technology (MIT) sur les limites de la croissance dans un monde fini. Entrelaçant riches archives, séquences d'animation et interventions d'activistes, de journalistes et d'éminents chercheurs (le climatologue James Hansen, l'environnementaliste Rafe Pomerance, la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte, qui coprésida un groupe de travail du Giec…), cette série documentaire de Jean-Robert Viallet (L'homme a mangé la Terre) retrace, sur deux siècles en trois épisodes, les mises en garde et coups de boutoir successifs qui ont entouré la question climatique. Au croisement de l'histoire industrielle, des idéologies et des avancées scientifiques, cette dense chronologie, écrite avec le concours de l'historien des sciences et de l'énergie Jean-Baptiste Fressoz, rappelle avec force que le réchauffement planétaire n'était pas une fatalité. Mais pour le moment, malgré les sommets internationaux, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) et les mobilisations citoyennes, les lois du marché et la perpétuation de nos modes de vie continuent de prévaloir sur la lutte contre le dérèglement climatique, dessinant un avenir dystopique dont les plus vulnérables subissent déjà les ravages.

 

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En 1979, le deuxième choc pétrolier affecte les économies mondiales. Tout en se tournant vers le charbon, le président américain Jimmy Carter consulte les meilleurs climatologues du pays. Le rapport "Charney" conclut qu'un doublement du CO₂ dans l'atmosphère pourrait entraîner un réchauffement d'environ 3°C au cours du XXIᵉ siècle.

Au prix de sa popularité, Carter encourage ses compatriotes à économiser les ressources. Son successeur, Ronald Reagan, chantre du néolibéralisme, sape les règlementations environnementales et commande un nouveau rapport à l'Académie des sciences, qui confirme les menaces mais préconise de miser sur les progrès technologiques plutôt que de réduire les émissions. Malgré les preuves apportées par le forage des glaces de Vostok, en Antarctique, la résignation gagne du terrain tandis que la Chine accélère son industrialisation grâce au charbon. En 1987, la mobilisation internationale autour du trou dans la couche d'ozone aboutit néanmoins à la signature du protocole de Montréal. L'année suivante, le climatologue James Hansen témoigne devant le Congrès, et les pays du G7 créent le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le Giec.

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Après la tenue du sommet de la Terre de Rio, et l'élection de Bill Clinton et de son vice-président Al Gore en 1992, les industriels ripostent. La Global Climate Coalition (GCC), un groupe de pression, finance des études biaisées, soutient des experts climatosceptiques et mène un intense lobbying pour semer la confusion et retarder toute régulation.

Parallèlement, la mondialisation s'accélère. Alors que les émissions de gaz à effet de serre explosent, le protocole de Kyoto, qui vise à les réduire, est adopté fin 1997. Mais l'échec de sa ratification aux États-Unis, puis l'arrivée au pouvoir de George W. Bush sonnent comme une victoire pour les industriels. Si la GCC disparaît, sa stratégie perdure à travers des think tanks ultralibéraux, proches des extrêmes droites populistes, qui infiltrent les conférences internationales sur le climat et profitent de la caisse de résonance des réseaux sociaux. Bientôt, un mot s'impose face à l'évidente intensification du réchauffement climatique : l'adaptation, stratégie à la fois impérative et inopérante pour freiner la catastrophe, envisagée depuis longtemps comme la seule option réaliste par les élites politiques et économiques.