By Anarkia333 |
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Sources - Textes Antiques

 


Textes Antiques


 

Corpus Hermeticum - Livre I: POIMANDRES
I. POIMANDRES
[6] As-tu compris, me dit Poimandrès, ce que signifie cette vision? — Je vais l'apprendre, répondis-je. — Cette lumière, dit-il, c'est moi, l'Intelligence, ton Dieu, qui précède la nature humide sortie des ténèbres. La parole lumineuse (le Verbe) qui émane de l'Intelligence, c'est le fils de Dieu. — Que veux-tu dire, répliquai-je? — Apprends-le : ce qui en toi voit et entend est le Verbe, la parole du Seigneur; l'Intelligence est le Dieu père. Ils ne sont pas séparés l'un de l'autre, car l'union est leur vie. — Je te remercie, répondis-je. — Comprends donc la lumière, dit-il, et connais-la. 
[8] Comme j'étais frappé de stupeur, il me dit encore : Tu as vu dans ta pensée la forme primordiale antérieure au principe indéfini. Voilà e que me dit Poimandrès. — D'où sont venus, répondis-je, les éléments de la nature? Il me dit : — De la volonté de Dieu, qui, ayant pris la Raison (le Verbe), et y contemplant l’ordre et la beauté, (02) construisit le monde d'après ce modèle, avec des éléments tirés d'elle-même et avec des germes d'âmes. L'Intelligence, le Dieu mâle et femelle qui est la vie el la lumière, engendre par la parole une autre intelligence créatrice, le Dieu du feu et du fluide (03), qui forma à son tour sept ministres, enveloppant dans leurs cercles le monde sensible et le gouvernant par ce qu'on nomme la destinée.

III. DISCOURS SACRÉ D'HERMÈS TRISMÉGISTE 
 Il y avait des ténèbres sans limites sur l'abîme, et l'eau, et un esprit subtil et intelligent, contenus dans le chaos par la puissance divine. Alors jaillit la lumière sainte, et sous le sable les éléments sortirent de l'essence humide, et tous les Dieux débrouillèrent la nature féconde. L'univers étant dans la confusion et le désordre, les éléments légers s'élevèrent, et les plus lourds furent établis comme fondement sous le sable humide, toutes les choses étant séparées par le feu, et suspendues pour être soulevées par l'esprit. Et le ciel apparut en sept cercles, et les Dieux se manifestèrent sous la forme des astres avec tous leurs caractères, et les astres furent comptés avec les Dieux qui sont en eux. Et l'air enveloppa le cercle extérieur, porté dans son cours circulaire par l'esprit divin. Chaque Dieu, selon sa puissance, accomplit l'œuvre qui lui était prescrite. Et les bêtes à quatre pieds naquirent, et les reptiles, et les bêtes aquatiques, et les bêtes ailées, et toute graine féconde, et l'herbe et la verdure de toute fleur ayant en soi une semence de régénération. 

 

Corpus Hermeticum - Livre IV
FRAGMENTS DIVERS.
V
FRAGMENT DU LIVRE Ier DES DIGRESSIONS

Veux-tu nous expliquer la naissance du soleil, et d où il est venu?
— Le Seigneur de toutes choses cria tout à coup de sa parole sainte, intelligente et créatrice : « Que le soleil soit! » Et en même temps qu'il parlait, la nature suscita par son souffle et fit sortir de l'eau le feu pur, brillant, actif et fécond.
Et, continua-t-il, Osiris dit : Ensuite, ô très grand bon Démon, comment apparut toute la terre?
Et le grand bon Démon dit : La concrétion et le dessèchement des éléments dont j'ai parlé, et l’ordre donné à la masse des eaux par l'Intelligence de se retirer sur elles-mêmes, fit paraître toute la terre, bourbeuse et tremblante. Le soleil continuant à briller et ne cessant pas de chauffer et de dessécher, la terre s'affermit dans les eaux qui l'enveloppaient. Et Dieu dit de sa sainte parole : « Croissez en accroissement et multipliez en nombre,[8] toutes mes œuvres et mes créations. »
(Cyrille, Contre Julien.)

VI
La pyramide est placée sous la nature et le monde idéal. Elle a un chef établi au-dessus d'elle, le verbe créateur du maître universel, qui est après lui la première puissance incréée, infinie, sortie de lui et préposée à toutes ses créations. Il est le rejeton du très parfait, le fécond, le fils légitime, [mais tu ne l’as pas compris[9]], La nature de ce verbe intelligent est une nature génératrice et créatrice. C'est comme sa généra-lion, ou sa nature, ou son caractère, appelle-le comme tu voudras. Pense seulement ceci, qu'il est parfait dans le parfait et sorti du parfait, qu'il fait des œuvres parfaitement bonnes, et qu'il est l'auteur de la création et de la vie. Puisque telle est sa nature, il est bien nommé.
Sans la providence du seigneur de l'univers qui me fait révéler ce discours, vous n'auriez pas un si grand désir de rechercher ces choses. Maintenant, écoutez la fin de ce discours. Cet esprit dont j'ai souvent parlé est nécessaire à tout; car il porte tout, il donne la vie à tout, il nourrit tout. Il coule de la source sainte et vient sans cesse en aide aux esprits et à tous les êtres vivants.
(Cyrille, Contre Julien.)

VII
« Ainsi était la lumière idéale avant la lumière idéale, et toujours était l'intelligence lumineuse de l'intelligence, et son unité n'était pas autre chose que le fluide (esprit) enveloppant l'univers. Hors de lui, ni Dieu, ni anges, ni aucune autre essence, car il est le seigneur de toutes choses et le père et le Dieu,[10] et tout dépend de lui et est en lui. Son verbe parfait, générateur et créateur étant tombé dans la nature génératrice et dans l'eau génératrice, rendit l'eau féconde..... »
Ayant ainsi parlé, il se leva et dit : « Je t'adjure, ciel, œuvre sage du grand Dieu, je t'adjure, voix du père, qu'il a prononcée la première quand il a fabriqué le monde universel; je t'adjure par le verbe, fils unique du père qui embrasse toutes choses, sois propice, sois propice. »